Mercredi 9 septembre 2009
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Les expositions sur la bande dessinée, ce n'est pas si fréquent, même si la tendance commence à changer. Ca vallait donc la peine d'aller jeter un coup d'oeil à celle de la Maison rouge, dont le
hors série du magasine
Beaux Arts sur la bande dessinée fait une telle publicité.
Le problème, c'est que l'exposition qui veut remettre la bande dessinée au rang de l'art, ne parvient pas vraiment à la traiter comme tel. Pas d'explications, pas de remise en contexte historique
ni géographique, un vague classement pas tout à fait thématique, un certain parti pris pour le haut trait et la ligne claire, de grands absents dont Bilal, etc. On est loin du professionnalisme de
Beaubourg, musée de l'art contemporain s'il en est un en France. Plus surprenant encore, on est loin de l'exposition sur Walt Disney qui eut lieu au Grand Palais il y a quelques années !
Le lieu est agréable et les tableaux sont bien exposés ; c'est la moindre des choses. Ce qui surprend, c'est qu'on soit accueilli comme si on était nécessairement des connaisseurs, comme si tout
allait de soi. Or, l'intérêt de ce genre d'exposition n'est-il pas au contraire, de bousculer, de questionner ?
Les planches originales valent le déplacement. C'est une bonne chose de redécouvrir Franquin, Allain de Saint Ogan, Will Eisner, Hugo Pratt, Ozamaru Tezuka, Rabaté, Comès et Tanigushi, pour ne
citer qu'eux. C'est une idée intéressante de sortir les planches de leur contexte, pour mettre en valeur le travail du dessinateur (même si cela a du coup l'inconvénient de mettre celui du
scénariste au second plan). C'est d'ailleur le principal intérêt de cette exposition.
Pour le reste, l'art contemporain semble avoir du mal à s'inspirer de la bande dessinée. Il la redouble souvent, comme cette peinture de Joyce Pensato,
Sans titre (Donald), une version
personnelle du visage du célèbre canard. Il aurait été intéressant de la mettre en perspective avec d'autres versions de l'animal : difficile de faire se suffire à elle-même une réinterprétation
aussi brève. Pire encore, cette sculpture de Sammy Engramer,
Sans parole, qui représente un phylactère vide en néon sur fond noir, et dont le seul intérêt est son judicieux reflet sur un
dessin d'Hergé.
Souvent aussi, l'art contemporain insiste sur le côté banal, quotidien, de la bande dessinée, comme si elle était parfois devenue une obsession contemporaine. Par exemple, ce curieux buste d'un
enfant portant visiblement un tee-shirt et un masque de batman, déformé de manière plus ou moins glauque... Je dois reconnaître que cette obsession est une réalité que je ne connais pas. Néanmoins,
elle est plutôt bien rendue par la fresque murale
My Black Ideas du même auteur, Fabien Verschaere. On peut y voir en quoi le travail de stylisation opéré dans la bande dessinée peut venir
à l'appui d'une image qui fonctionne un peu comme l'écriture aléatoire des surréalistres. Une référence à Dali n'aurait pas été de trop.
Parfois, on a tout simplement du mal à comprendre où l'artiste veut en venir. C'est le cas pour la sculpture
Mickey Matchhead, qui semble représenter un visage (fait en têtes d'allumettes)
en train de manger la tête d'un Mickey de plastique.
Bref, c'est intéressant, mais ça se regarde beaucoup le nombril...
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